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- 05 / 06 / 2020

Les résultats actualisés de l’étude clinique MINDACT présentés

La semaine dernière, lors de l’édition virtuelle du Congrès de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO), qui a rassemblé 42 750 spécialistes du cancer de 138 pays, le Dr Fatima Cardoso, une experte du cancer du sein et membre du réseau Breast International Group (BIG), a présenté les résultats actualisés de l’étude clinique MINDACT.

Selon les tout premiers résultats publiés dans le prestigieux New England Journal of Medicine en 2016, MINDACT, une étude impliquant 6693 femmes atteintes d’un cancer à un stade précoce, réalisée dans 112 hôpitaux de 9 pays et organisée en 7 groupes de recherche BIG, a montré que jusqu’à 46 % des patientes traitées auparavant par chimiothérapie pourraient se passer de ce traitement et ainsi éviter ses effets secondaires à l’avenir.

Cette étude pionnière, réalisée en étroite collaboration avec l’Organisation européenne de recherche et de traitement du cancer (EORTC), a pu démontrer que l’utilisation d’un test de diagnostic sophistiqué (le [MammaPrint®] permettant d’étudier 70 gènes impliqués dans les tumeurs des patientes, ajoutée aux informations cliniques et pathologiques habituellement recueillies, pouvait aider les médecins et leurs patients à prendre de meilleures décisions sur la pertinence d’une chimiothérapie après l’intervention chirurgicale.

Aujourd’hui, près de 5 ans plus tard, les résultats actualisés présentés par le Dr Cardoso vont toujours dans le sens des conclusions de 2016 : de nombreux éléments montrent que le MammaPrint® ajoute des informations très utiles à celles des tests habituels, pouvant faciliter la prise de décision sur une solution alternative à la chimiothérapie et à ses effets secondaires pour de nombreuses femmes souffrant d’un cancer du sein.

Le test s’est montré particulièrement utile pour la prise de décision concernant les femmes postménopausées, pour lesquelles la chimiothérapie n’offrait pas de bénéfices lorsque le MammaPrint® indiquait un faible risque de récidive du cancer, même si les tests habituels indiquaient un risque élevé. Chez les femmes plus jeunes, la chimiothérapie peut toujours présenter un intérêt, mais cela nécessite une discussion approfondie entre le médecin et la patiente.

L’une des plus grandes difficultés rencontrées dans le traitement du cancer du sein est la nécessaire distinction entre les patientes qui ont besoin d’un traitement post-chirurgical et celles qui n’en ont pas besoin. Être capable de faire cette distinction, d’identifier le traitement le plus adapté pour chaque patiente et de mettre au point des médicaments ciblant des caractéristiques spécifiques des cellules tumorales, tels sont les objectifs de la personnalisation des traitements — ou de la médecine personnalisée.

Depuis 2019, les tests de profilage génétique tels que le MammaPrint® sont remboursés par l’assurance maladie belge.

La mission de BIG consiste à trouver des moyens de s’assurer que les patientes reçoivent les traitements les plus adaptés à leur cas personnel. MINDACT peut être considéré comme l’un des premiers essais cliniques à avoir étudié comment un traitement médical peut être adapté de manière plus efficace [et plus sûre] aux besoins de chaque patiente souffrant d’un cancer du sein.

MINDACT a nécessité une collaboration d’une ampleur exceptionnelle et démontre qu’en unissant nos efforts, nous pouvons avoir une incidence directe sur la vie des patients. Aujourd’hui, elle est un bel exemple de la manière dont, en coopérant au-delà des frontières et des disciplines, nous pouvons développer de meilleurs protocoles thérapeutiques [et éliminer ceux qui ne sont pas nécessaires] tout en augmentant la probabilité de trouver des traitements.

Les essais cliniques sont très coûteux et la réalisation de MINDACT, une étude intégralement réalisée par des universitaires, a coûté environ 47 millions d’euros. Le financement de l’étude est également le fruit des efforts acharnés de tous les partenaires impliqués pour obtenir des subventions et des dons en nature auprès de nombreuses instances que nous tenons à remercier :  le programme-cadre VI de la Commission européenne [FP6-LSHC-CT-2004-503426, « Réseau d’excellence TRANSBIG »]; la Fondation pour la Recherche contre le Cancer du Sein ; les bourses d’études de Novartis, F. Hoffman La Roche, Sanofi-Aventis, Eli Lilly et Veridex ; l’Institut national américain du cancer ; le Conseil de l’Europe sur le cancer du sein — le Groupe de travail sur le cancer du sein [subvention pour la biobanque MINDACT]; la Jacqueline Seroussi Memorial Foundation [Prix JSMF 2006]; le Prix Mois du Cancer du Sein [2004]; la fondation américaine Susan G. Komen for the Cure [SG05-0922-02]; la Fondation Belge Contre le Cancer [SCIE 2005-27]; la Dutch Cancer Society [KWF] ; l’Association Le Cancer du Sein, Parlons-en ! ; le Brussels Breast Cancer Walk-Run et l’American Women’s Club de Bruxelles ; le fonds fiduciaire FIPV ; la Ligue allemande contre le cancer [Deutsche Krebshilfe] ; le Grant Simpson Trust et Cancer Research UK. Cette étude a également bénéficié du soutien de la fondation caritative de l’EORTC. L’analyse du génome a été intégralement réalisée par Agendia. Sans tous ces soutiens, cette étude n’aurait jamais été possible.

MINDACT est parrainée et dirigée par l’Organisation européenne de recherche et de traitement du cancer [EORTC], sous l’égide du Breast International Group [BIG] et de nombreux autres partenaires du monde universitaire et du secteur privé, dont le réseau Europa Donna, qui soutient les femmes dans leur lutte contre le cancer du sein. Le test MammaPrint® a été mis au point par l’entreprise de biotechnologies Agendia.