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- 2 mai 2019 -

Avancée contre le cancer du sein métastatique

Intro text: 

Place au programme de recherche académique international AURORA

Environ un cancer du sein sur trois va développer des métastases, ce qui signifie que la maladie se répandra dans d’autres organes et parties du corps. Cette forme avancée de la maladie, qui est responsable de 90% des décès dus au cancer du sein, est plus difficile à traiter et reste encore à l’heure actuelle incurable. A l’instar d’un assistant de navigation qui trace la route à suivre, un ambitieux programme de recherche de BIG  - appelé AURORA - cartographie le parcours emprunté par les cellules cancéreuses en analysant leurs anomalies dans une grande série de gènes et à différentes étapes de la maladie. En anticipant les routes prises, il sera possible de bloquer (avec des médicaments très ciblés) et ainsi ralentir, voire stopper, le processus métastatique.

En comprenant comment bloquer cette progression des cellules cancéreuses, le processus sera retardé et on arrivera peut-être à le stopper définitivement. Les premiers résultats d’AURORA ont été dévoilés ce jour à Berlin. Zoom sur ce projet de recherche académique - appelé aussi « GPS du cancer du sein métastatique » - auquel participent plus de 60 hôpitaux provenant de 12 pays européens.

AURORA – mieux comprendre le cancer du sein métastatique

Le programme de recherche AURORA vise à mieux comprendre les caractéristiques moléculaires et l’évolution du cancer du sein récidivant ou métastatique, dans l’espoir traiter la maladie de manière plus efficace à l’avenir, voire de la stopper.

Les premiers résultats d’AURORA ont été présentés à l’occasion de l’ESMO Breast Cancer Conference (2-4 mai 2019, Berlin, Allemagne) par le Dr Philippe Aftimos, Co-Investigateur Principal du programme et Clinical Trials Development Leader à l’Institut Jules Bordet (Bruxelles, Belgique). Cette présentation concernait les résultats des 381 premiers patients inclus sur les 1.000 prévus. Les chercheurs ont mis en évidence des anomalies moléculaires présentes en surnombre dans les métastases et qui sont impliqués dans la propagation du cancer et dans la résistance aux traitements standards.

Par ailleurs, les chercheurs estiment que dans près de 50% des cas, les anomalies génomiques identifiées pourraient apporter aux oncologues traitants des informations supplémentaires pertinentes pour les patients; par exemple, les patients pourraient être pris en considération pour des essais cliniques sur de nouveaux médicaments ciblant des altérations moléculaires spécifiques.

Une analyse a également été effectuée sur les « biopsies liquides » (échantillons de sang). Cette technique pourrait jouer un rôle important dans la caractérisation et le suivi de la maladie étant donné que chez certains patients, l’analyse des fragments d’ADN provenant de la tumeur du patient et se retrouvant dans le sang (ADN tumoral circulant) a mis en évidence des mutations génétiques qui n’avaient pas été observées dans la biopsie de la lésion tumorale. Des analyses de l’environnement immunitaire des tumeurs sont également en cours et seront présentés dans des congrès futurs.

 « Les différentes équipes participant à ce programme européen sont fières de contribuer au futur développement d’un médecine plus personnalisée, tout en bâtissant une bio-banque et une base de données qui serviront à trouver de meilleurs traitements », a expliqué le Dr Philippe Aftimos.

« Les patients ont bien compris l’importance de ce programme de recherche. Ils sont enthousiastes d’y participer et y contribuent généreusement, en fournissant leurs échantillons et en s’engageant à être suivi régulièrement pendant une période de 10 ans. Nous n’avons quasi pas eu de refus de participation et nous remercions fortement nos patients », précise Dr Mafalda Oliveira – Co-Investigateur Principal d’AURORA et Clinical Investigator à l’Institut d’Oncologie Vall d’Hebron (Barcelone, Espagne)

En pratique

Dans un premier temps, des données cliniques et des échantillons de sang et de tissu tumoral sont collectés chez tous les patients participant au programme AURORA. Ces échantillons, provenant de différents hôpitaux et pays, sont envoyés systématiquement et dès leur prélèvement à un seul et même laboratoire central. C’est là que leur information génétique (ADN) est passée au crible au moyen des techniques de séquençage les plus récentes. Les chercheurs vont se pencher plus particulièrement sur 411 gènes spécifiques afin de détecter d’éventuelles anomalies. Un groupe multidisciplinaire d’experts dans le cancer du sein et en génétique interprète ensuite les résultats obtenus, dans le but d’identifier les anomalies génétiques présentes dans les échantillons et qui auraient pu jouer un rôle dans l’évolution de la tumeur primaire vers un cancer métastatique.

Par ailleurs, autre aspect unique du programme AURORA, les analyses génétiques sont réalisées tant sur des échantillons prélevés lors du premier diagnostic de cancer du sein (sur la tumeur primaire) que sur des échantillons de métastases prélevés après une récidive de la maladie. De plus, des échantillons de sang sont prélevés chez les patients tous les six mois, pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans. Cela permettra de véritablement suivre l’évolution de la maladie et d’identifier les éventuels changements au sein des cellules cancéreuses.

Une mine de données

Au cours des dix ans que durera ce programme de recherche, AURORA va accumuler environ 30.000 échantillons de sang et de tumeur, et va générer des milliers de données cliniques et génétiques qui nous permettrons de mieux comprendre le cancer du sein métastatique.

Le fait que toutes les analyses génétiques soient effectuées dans un même laboratoire pendant toute la durée de l’étude, permet de garantir l’homogénéité des analyses et d’éviter les divergences d’interprétation. Une plateforme informatique a été créée pour AURORA. Elle permet aux médecins et chercheurs impliqués d’enregistrer les données cliniques relatives à leurs patients, mais aussi de consulter les rapports d’analyses génétiques transmis par le laboratoire central en temps réel. Cette logistique complexe a été mise en place grâce à la collaboration des membres du réseau BIG.

Les chercheurs espèrent que leurs découvertes ouvriront la voie à de nouvelles études cliniques pour développer des traitements plus ciblés et mieux adaptés aux personnes atteintes d’un cancer du sein métastatique. Ceci est essentiel pour donner de l’espoir aux milliers de femmes et hommes touchés par cette maladie.

Collaboration internationale

Déjà actif depuis 20 ans, BIG est le plus vaste réseau de groupes académiques de recherche uniquement dédié au cancer du sein.

Le programme AURORA est dirigé par le Breast International Group (BIG), également connu sous le nom de BIG against breast cancer, en collaboration avec la Clinical Trials Support Unit de l’Institut Jules Bordet et Frontier Science Technology & Research Foundation.

Ce programme purement académique est rendu possible grâce à la généreuse contribution de la Breast Cancer Research Foundation®, de la Fondation Cancer (Luxembourg), de la Loterie Nationale (Belgique), de la Fondation NIF, la famille Webb et des donateurs individuels.

Quelques chiffres :

AURORA – Le GPS du cancer du sein métastatique

  • 30% des cancers du sein évoluent vers un stade avancé / deviennent métastatiques
  • 1.000 femmes et hommes atteints d'un cancer du sein avancé (métastatique) à enrôler pour mener cette étude
  • 30.000 échantillons de sang et de tissu tumoral collectés au total
  • +700 patients inclus (en date du 15 mars 2019)
  • 411 gènes analysés sur la tumeur primaire et sur la tumeur à distance   
  • 12 pays participants (Belgique, Allemagne, Islande, Italie, Luxembourg, Portugal, Pologne, Espagne, Suède, Suisse, Royaume Uni et Autriche)
  • +60 hôpitaux participant à l’étude

 

Pour toute questions et demande d'interview merci de contacter:
communications[at]BIGagainstbc.org