SOFT & TEXT – offrir de nouvelles options de traitement aux jeunes femmes

Intro text: 

L’essai SOFT, de même que son proche parent TEXT, a été cité dans plusieurs articles* au titre de « meilleur essai de l’année 2014 », qui avait par ailleurs connu des évolutions significatives dans la recherche sur le cancer du sein. Ses résultats ont abouti à un bouleversement des pratiques, car ils indiquent que chez les jeunes femmes atteintes d’un cancer du sein hormono-dépendant à un stade précoce qui restent en préménopause au terme de la chimiothérapie, une inhibition sélective de l’activité ovarienne réduit le risque de rechute.

En 2014, les chercheurs ont présenté les conclusions de l’essai clinique SOFT, mené par l’International Breast Cancer Study Group (IBSCG) sous l’égide de BIG, à l’occasion de deux grands congrès d’oncologie générale : l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) Annual Meeting et le San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS).

Ces conclusions ont également été publiées en ligne sur le site du New England Journal of Medicine (nejm.org).

La nouvelle combinaison thérapeutique réduit le risque de rechute de 35 %

Le tamoxifen constitue le traitement postopératoire standard pour les femmes préménopausées atteintes d’un cancer du sein hormono-dépendant. Mais rien n’indiquait que l’ajout d’une inhibition de l’activité ovarienne au tamoxifen soit positif pour les patientes. SOFT a montré que c’était pourtant le cas pour ce groupe de femmes, car la combinaison des deux réduit le risque de rechute de 22 % par rapport au tamoxifen pris seul. En outre, des résultats encore meilleurs ont été obtenus en associant l’inhibition de l’activité ovarienne à de l’exemestane, un inhibiteur d’aromatase. Dans ce bras de l’essai randomisé, le risque de rechute avait diminué de 35 % par rapport au tamoxifen administré seul, ce qui signifie qu’une rechute à cinq ans touchait 7 à 8 femmes de moins sur 100.

L’association d’une inhibition de l’activité ovarienne au tamoxifen a bénéficié principalement aux femmes de moins de 35 ans, un groupe d’âge qui présente un risque de rechute particulièrement élevé. Le bénéfice grandissait encore lorsque le blocage ovarien était associé à de l’exemestane : dans ce cas, une femme de moins de 35 ans sur six constatait une rechute après 5 ans, contre une sur trois chez celles qui prenaient uniquement du tamoxifen.

SOFT est le "meilleur essai de l’année 2014" (d’après plusieurs articles parus dans des publications scientifiques)

« Ces résultats vont faire évoluer la pratique clinique », expliquait la codirectrice de l’étude Prudence Francis, M.D., chef du service Breast Medical Oncology, Peter MacCallum Cancer Centre, Australie. « L’inhibition de l’activité ovarienne sera de plus en plus recommandée aux femmes les plus jeunes qui souffrent d’un cancer du sein hormono-dépendant. Quant aux femmes qui n’ont pas atteint la ménopause et qui souffrent d’un cancer du sein hormono-dépendant associé à un risque de rechute suffisamment élevé pour justifier une chimiothérapie, les médecins vont probablement leur proposer de combiner un blocage ovarien et un inhibiteur d’aromatase pour remplacer le tamoxifen. »

* Sources : 1) Schapira, Lydia. Breast Cancer 2014: SOFT Proves Year’s Best. Medscape Oncology. 24 décembre 2014. www.medscape.com 2) Sullivan, Michelle. What Was The Most Interesting Thing You Learned At The Meeting? Oncology Practice. 14 décembre 2014. www.oncologypractice.com